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 The model and the photographer.

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MessageSujet: The model and the photographer.   Lun 22 Aoû 2011 - 19:57

Sixtine & Cassie





    Que des visages familiers que je voyais jours après jours. Assis tous ensemble, presque sages pour une fois dans la classe. On devait à peine être une vingtaine. Mais nous ne sommes qu'un groupe sinon tous réunis on serait bien... quarante. Les tables en bois complètement désordonnées comme toujours. Je me suis toujours demandée pourquoi des personnes s'embêtaient tous les jours à les remettre pour faire de belles colonnes et lignes droites et alignées. Quelle perte de temps, sachant qu'une fois les élèves entré tout était bougé et chamboulé. Notre équilibre naturel le désordre ? Tout est comme cela et rien ne changerait, enfin bon nous savons pertinemment que nous ne sommes pas les seuls à faire de notre salle de cours un vrai champ de bataille. Pour ce qui est de l'ambiance, en général nous sommes calmes, attentifs en cours (juste parce qu'ils sont intéressants), il n'y a pas vraiment d'élément perturbateur. Une classe unie qui s'entend à merveille bien que les places à la sortie soient restreintes. Mais ça ne nous empêche pas de nous éclater. Cela faisait bien trois mois que j'avais fait mes débuts à Bi et tout c'était tellement bien passé. Je n'avais eu aucun mal à m'intégrer, comme si j'avais toujours était de la partie.

    Aujourd'hui cours de shooting de mode sur un podium. Miam une séance pratique. Depuis quelques semaines on enchaînait les cours de théorie sans broncher. On avait déjà fait une séance dans un parc, dans une casse auto,... Enfin paysages, rien qui bougeait. On nous faisait apprendre tous les styles avant de se spécialiser dans un, ou dans plusieurs. Pour ma part j'aimais beaucoup les photos de mode, ainsi que les photos de la nature,... Mais je n'avais pas encore fait mon choix définitif. Cette séance risque d'être horriblement intéressante. Déjà parce que je pourrais faire une des choses que j'aime le plus au monde, mais aussi, car on pourrait voir des mannequins défiler dans des habits de couturiers. Enfin que des trucs que j'aime. Certains on fait une petite moue en apprenant la nouvelle, mais on vite prit un sourire. Après s'être armé de notre matériel personnel, on c'est dirigé vers le parc, une foule monstre était là, les gens ce rentrant les uns dans les autres, afin de gagner leur place sur les bancs. La sécurité vérifiait les pass et le parc n'était pas ouvert aux visiteurs, ou au petit fouineur. On a tous reçu notre pass sur lequel figuré notre nom, notre prénom, une photo et spécifiant que nous allons faire de jolis clichés de mannequins.

    C'était assez long mais, très intéressant, j'avais remarqué quelques tops vraiment remarquable, quelques tenues gigantesque. J'avais fait des photos de à peu près toutes les tenues de tous les créateurs. Je vais devoir faire un grand ri pour sélectionner les 10 photos que je devrais rentre à mon professeur pour qu'il puisse les évaluer et le critiquer. En général je finissais dans les meilleurs de ma classe (pas pour me vanter), mais c'est vrai que ça me passionnait plus que tout. Durant le défiler j'avais eu une petite nostalgie et j'avais remarqué que le mannequinât me manquer un peu, je devrais m'y remettre. J'enviais toutes ces jeunes filles plus maigres les unes que les autres et plus belles les unes que les autres. Je m'étais toujours demandé dans le passé pourquoi on m'avait choisi pour faire des shootings de pub, des pubs et des défilés pour certains grands noms... L'ambiance était bonne, enfin comme dans tous les défilés, c'est vrai que de passer de l'autre côté du podium c'est une nouvelle pour moi. Cette impression m'avait donné un petit vide en moi, mais ça ne m'avait pas déplus pour autant. Dans toute cette brochette de model, une jeune fille avait particulièrement capté mon attention. Sa tête ne m'était pas inconnu, j'étais sûr de l'avoir déjà croisé à Beverly Hills, si je me souviens bien c'était à un concert en plein air pour les artistes débutants. Une très belle frimousse asiatique, une taille de guêpe et des jambes interminables. Je l'avais déjà vue, je l'avais même envié. Je n'avais jamais vraiment eu d'avis sur elle après tout, je ne la connaissais même pas. On n'avait rien en commun avant que je découvre qu'elle aussi fait du mannequinât.

    « Putin Cass tu fais quoi là ? T'as même pas vu qu'on était parti ? Franchement j'ai pas envie de te rechercher une nouvelle fois avec cette foule. Et au cas ou tu ne sois pas au courant on est dans les coulisses pour des photos 'live' avec les top. Aller suis moi.

    -Rah c'est bon pas la peine d'être agressif je suis pas ton chien... Enfin bon je te suis. »

    Le jeune homme fut dans l'obligation d'agripper mon bras pour me guider et ne pas me perdre. Enfin je ne suis pas débile je sais très bien où sont les coulisses. C'est un garçon de son groupe de photographie (comme vous avez-pu deviner), il m'aime beaucoup, mais moi je préfère me servir de lui pour qu'il soit à mes pieds. Ce garçon est gentil trop gentil parfois il me fait même pitié, j'ai presque honte de le traiter comme je le fais, mais je suis odieuse avec lui pour qu'il essaye de se défendre un peu. Je l'ai même poussé à me frapper une fois, j'étais fière quand il l'avait fait, mais après il a fondu en larme pour s'excuser. J'aimerais tellement qu'il arrête de se faire marcher sur les pieds, mais je n'ose pas avoue que je l'apprécie beaucoup, je veux juste qu'il se renforce. Enfin bon...

    Une fois dans les coulisses, chacun avait choisis un des top qui restait pour faire quelques photos. Après avoir jeté un coup d'oeil rapide dans toutes les salles, j'ai remarqué qu'elle était là. Enfin l'asiatique que j'avais déjà vu au concert. La voyant seule, je me suis dirigée vers elle sans vraiment réfléchir avant, en même temps tout le monde était en train de prendre des clichés et moi je n'avais toujours pas commencé. Je m'avançais vers la jeune fille sans vraiment la regarder dans les yeux et tout en lui tendant mon pass je lui sortis :

    « Hum, bonjour. Je suppose qu'on a dû t'expliquer qu'une école de photographie prendrait des photos dans les coulisses. Si ça ne te dérange pas je vais commencer par toi. »

    Après avoir pris l'appareil, qui pendait autour de mon cou tel un gros collier en plomb, dans mes mains, je le mis en marche puis régla les paramètre propice à l'endroit où nous nous trouvons.
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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Mar 23 Aoû 2011 - 20:48




    « Ça va commencer ! Dior en premier, les filles, on se bouge ! »
Tout le monde, même les mannequins qui ne sont pas concernées par l’annonce se lèvent et commencent à courir dans tous les sens. Les seules à ne pas bouger sont celles de la seule marque japonaise représentée au défilé. Elles restent calmement assises à parfaire leurs parures et à s’habiller. Chacune dans son coin, personne ne s’adresse la parole à part pour se demander de se passer tel ou tel produit de beauté. La seule à ne pas être assez flemmarde pour se lever est une petite blonde qui fait des allers-retours sous les regards agacés de ses collègues depuis plus d’une demi-heure pour trouver tout ce qu’il lui faut. Bien sûr, elles sont toutes prêtes sauf elle, la petite débutante qui n’a fait que quelques défilés intra-muros. Toutes viennent exceptionnellement du Japon pour cet évènement alors quand elles ont vu cette gamine débarquer pour la première fois, ça a été le choc. Elle est arrivée en débardeur blanc et jean troué, avec des Converses usagées. Tour d’essai, elle a défilé dans cette tenue. Le manager de la marque n’a même pas attendu qu’elle soit arrivée au podium pour lui crier qu’elle était prise. Avec un sourire à la fois satisfait et mutin, elle l’a remercié, ignorant les regards dégoûtés des autres filles qui avaient sûrement dû trimer beaucoup plus. Etait-ce sa faute si la démarche venait naturellement ? Finalement, le seul à s’être montré amical a finalement été le maquilleur de la troupe. Celui qui s’occupe d’elle en ce moment-là. Elle s’est enfin assise et à cesser de gigoter comme un petit ver, se laissant docilement manipuler. De toute façon, rien ne presse, elle est la dernière à passer.

Elle se laisse maquiller, coiffer, chouchouter tout en discutant avec lui. Une fois qu’il a terminé, il l’envoie s’habiller. Au moins, si elle est la dernière, tout le monde la verra. Cette tenue colorée lui correspond bien et lui va à ravir. Connaissant son caractère et son égo démesuré, ce n’est certainement pas elle qui soutiendra le contraire. Quand elle sort de derrière le paravent, elle capte quelques regards teintés de jalousie et de dégoût. La tête haute, elle les ignore royalement et retourne sagement à sa place. Les mannequins défilent, Sixtine somnole sur sa chaise. On la réveille alors qu’il y a encore deux filles, de la même marque cette fois, avant elle. Néanmoins, elle va docilement se placer derrière le grand rideau séparant les coulisses de la séance, sentant avec un plaisir proche de l’extase l’anticipation et l’angoisse serrer son cœur. Elle les connaît, toutes ces filles mornes et maigres. Elles défilent en se donnant des airs farouches. Pas un sourire. Elles fixent un point en face d’elle pour éviter les faux pas et ne jettent pas le moindre coup d’œil au public ou aux photographes. Elles ne défilent pas pour exhiber leurs vêtements, mais bien pour elles-mêmes. C’en devient la plupart du temps ridicule et quand les dernières rentrent, Sixtine ne peut retenir un gloussement moqueur qu’elle ne prend absolument pas la peine de dissimuler. Au contraire, c’est trop jouissif de les voir lui jeter des regards haineux en tombant presque sur leurs talons démesurément hauts maintenant qu’elles sont à l’abri des regards scrutateurs du public. C’est en riant qu’elle grimpe sans hésiter les marches qui la mènent à la scène. Et c’est en riant qu’elle défile, balayant l’assistance du regard. Son pas est dansant, elle marche vite, sans hésitation. Comme pour les autres, les flashs crépitent. Elle porte une robe courte rose bonbon avec des manches trois-quarts, des épaulettes proéminentes et un bustier en paillettes dorées, des collants bleu électrique et de hauts talons à plateformes noirs cloutés.

Elle s’amuse bien à jouer la reine sur la scène jusqu’à arriver au podium. Une fois tout au bout, elle s’arrête comme elle l’a fait une demi-douzaine de fois déjà et prend la pose, avec son éternel sourire mutin et son air assuré. Son tour passe beaucoup trop vite à son goût. Elle se retrouve projetée dans la réalité, loin des paillettes des vêtements et des flashs des caméras. Le maquilleur la félicite. Elle éclate de rire en l’entendant, grisée par les quelques minutes passées sous les yeux de l’audience. Elle retourne à la petite case en tôle montée pour l’occasion. Les autres sont déjà en train d’être félicitées par des gens apparemment importants. C’est au tour de Sixtine de passer entre leurs mains. Elle rit à leurs blagues mais ne sait même pas pourquoi. Quand enfin ils commencent à partir et qu’il ne reste plus que les mannequins et l’équipe, elle peut enfin s’assoir à la chaise qu’elle occupait déjà avant de monter sur scène. Etendant ses jambes interminables, elle ferme les yeux et soupire. C’est bon de pouvoir enfin se détendre. Sans se retourner et dans un japonais toujours aussi parfait qu’à son départ de son pays natal, elle s’adresse à une mannequin qui n’a eu de cesse de la chercher depuis leur rencontre quelques jours plus tôt.
    « Sato-chan, tu pourrais me passer les lingettes démaquillantes, s’il te plaiiiiit~ ? »
    « T’es pas capable de bouger ton cul pour venir les chercher ? Ou bien est-ce que ce sont tes chevilles qui sont si lourdes que tu ne peux plus marcher ? »
Immédiatement, Sixtine se retourne, dévisageant la Sato en question avec un regard mauvais et meurtrier. Elle se lève, bien décidée à lui faire payer ses propos. Mais voilà, c’était sans compter une gamine qui vient s’interposer comme une fleur juste à ce moment-là. Elle n’a pas l’air d’avoir remarqué la tension palpable entre les deux mannequins. Néanmoins, Sixtine se reconcentre sur celle qui vient d’arriver. A peine plus petite qu’elle, elle a des cheveux d’une agréable couleur blonde et un visage fin et enfantin. Une femme enfant. Elle ne la regarde même pas dans les yeux, ce qui a le don de déplaire à Sixtine. A la place, elle lui tend son pass. Sixtine la prend entre l’index et le majeur et la regarde à peine pour voir son nom. Cassie Rosebury. Un nom intéressant. La mannequin retrouve son sourire malicieux. Sa voix n’est pas très assurée.
    « Hum, bonjour. Je suppose qu'on a dû t'expliquer qu'une école de photographie prendrait des photos dans les coulisses. Si ça ne te dérange pas je vais commencer par toi. »
    « Non, on ne m’a pas expliqué mais tant pis. Maintenant que tu es là, tu n’as qu’à faire ce que tu veux. Tu me diras quand je pourrais aller me changer. Mais j’ai pas toute la nuit, je te préviens… »
    « Regardez-la… Une petite photographe amatrice qui vient avec sa classe… Que c’est mignon… Tu veux une limonade ma chérie ? »
D’un bond, Sixtine se retourne vers Sato qui s’est manifestée dans un anglais plus que douteux. Elle doit plafonner dans les un mètre quatre-vingt cinq mais elle est maigre comme un clou. Une petite bourrasque et elle s’envole. Insupportable. Cette manière qu’elle a eu de parler à la petite blonde a eu le don de mettre l’autre mannequin hors d’elle. Sans hésiter, elle s’approche d’elle. Peu lui importe sa petite taille. Elle la fixe dans les yeux. L’autre fait de même.
    « Ferme-la Sato. Au cas où l’information n’aurait pas encore intégré ton cerveau d’huitre perlière, cette fille est deux fois plus douée que toi. Même plus. T’es même pas capable de prendre une photo avec ton téléphone. Je t’ai entendue tout à l’heure demander à tes copines de le faire pour toi. Alors tu vas faire un effort qui te paraîtra sans doute surhumain compte tenu de tes capacités réduites, tu vas fermer ta grande gueule et aller te rhabiller. »
Et suite à ça, sans attendre qu’elle lui répondre, elle tourne gracieusement les talons et revient vers Cassie avec un grand sourire.
    « Moi c’est Sixtine, ma belle. Et l’autre gressin, là-bas, ignore-la. Elle en vaut vraiment pas le coup. »


La tenue, pour que tu te fasses une idée :
 
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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Jeu 25 Aoû 2011 - 12:00








    Les coulisses étaient d'un blanc aveuglant. Trop, vraiment trop de blanc. Je m'étais habitué à cette couleur avant, mais depuis j'en avais oublié cette couleur. Les néons au plafond, donnés un air presque surnaturel à cet endroit. Si à cet instant, on disait que les films reflétaient la réalité, alors on se croirait presque au paradis. J'avais les cils qui battaient à toute allure, il me fallut un certain temps avant de m'habituer à la lumière ambiante. Il y avait là tellement de filles au corps plus fins les uns que les autres, avec une démarche si gracieuse et assurée qu'elles paraissaient presque flotter dans les aires. Toutes munies de leurs hauts talons avec des plateaux immenses. Je ressentis presque une douleur dans mes chevilles, comme quand moi je passais sur ce long podium, lui aussi lumineux. Et leurs tenues, toutes dessinées et créaient par les plus grands. Même Dior était au rendez-vous. Des vêtements tous plus somptueux, si bien qu'on n'oserait pas les porter en public, de peur qu'on nous les arrache, ou de les abimer. Je me sentais presque cruche à côté, moi dans un vieux jean slim foncé éraflé un peu partout, avec un tee-shir ample que Brook m'avais offrir juste avant mon départ pour L.A, mais le pire, je crois bien que ce sont mes vieilles converse noire, qui me suivent partout depuis des années (pas un trou, mais juste le caoutchouc blanc qui avait jauni avec l'âge). Note à moi-même, la prochaine fois qu'on fait une sortie photo comme celle-ci, penser à apporter des habits de rechange un peu moins tarte. Mais au moins un bon point, je me sentais alaise dans mes baskets.

    La jeune top en face de moi, avait un visage très fin, qui avec l'éclairage, semblait encore plus radieux. Elle était à peine plus grande que moi et encore celle-ci portais des talons hauts. Elle doit être vraiment exceptionnelle sur les podiums pour pouvoir défiler avec une aussi petite taille. C'est vrai que la plupart du temps les asiatiques d'extrême-est, ne sont pas les plus grands de la Terre, même au contraire. Il est vrai, que tout à l'heure, ce model, avait vraiment une démarche bien à elle et donné un petit quelque chose de différent, toutes les autres défilaient de la même manière sans trop d'originalité, les traits serrés presque sévères. Tandis qu'elle avait presque dansé sur la scène, en affichant un large sourire. Voilà peut-être cette touche d'originalité qui l'avait fait accepter dans le monde du mannequinât. Dans mes souvenirs, je ne dansais pas sur scène, je ne me dandinais pas non plus, mais je faisais ma moue de jeune fille innocente. La bouche bien ronde légèrement entrouverte, les yeux grands ouverts et une démarche gracieuse et souple. On en oubliait même mon côté robotique. Et de temps en temps des petits sourires, mais ma marque de fabrique dans ce monde, c'était bien mon visage et cette expression inhabituelle. Seul bémol, c'est que ça fait vraiment enfantin qu'on a trop tendance à ce moquer de moi. Enfin, si seulement ces personnes me connaissaient vraiment.

    En arrivant devant cette blonde, j'avais interrompu sans trop le vouloir une querelle entre elle et un autre top. Elle prit mon pass dans sa main l'examinent à peine et après avoir présenté la raison pour laquelle j'allais importuner elle me répondit que je pouvais faire ce que j'avais à faire, mais que je ne devais pas non plus prendre tout son temps. L'autre top derrière enchaîna sur un ton moqueur.

    « Regardez-la... Une petite photographe amatrice qui vient avec sa classe... Que c'est mignon... Tu veux une limonade ma chérie ? »

    Cette phrase me mise presque hors de moi, mais de quoi elle se mêle celle là, c'est vraiment n'importe quoi. La Terre entière ne tourne pas autour des top-modèles et encore moi d'elle-même. Avant même que j'ai pu ouvrir la bouche pour la remettre à sa place, la jeune asiatique bondit de sa chaise pour se mettre au même niveau que l'autre grande bouche. Bien que la taille soit son déficit, cette fille avait vraiment un sacré cran.

    « Ferme-la Sato. Au cas où l'information n'aurait pas encore intégré ton cerveau d'huitre perlière, cette fille est deux fois plus douée que toi. Même plus. T'es même pas capable de prendre une photo avec ton téléphone. Je t'ai entendue tout à l'heure demander à tes copines de le faire pour toi. Alors tu vas faire un effort qui te paraîtra sans doute surhumain compte tenu de tes capacités réduites, tu vas fermer ta grande gueule et aller te rhabiller. »

    Je trouvais ça vraiment remarquable, de prendre ma défense comme elle la fait. Enfin après mur réflexion, c'était peut-être c'était aussi une nouvelle occasion de pourvoir mettre l'autre grande perche à sa place. Celle-ci avait à présent la bouche grande ouverte, n'osant rien répliquer, puisque que l'asiatique lui tournait à présent le dos et m'affichait un grand sourie comme satisfaite de son acte. Je lui rendis un grand sourire de remerciement tout en gardant un oeil sur l'autre top, qui a présent, c'était assise sur sa chaise et commencer à passer sur coton imbibé des démaquillant sur sa peau recouverte de maquillage.

    « Moi c'est Sixtine, ma belle. Et l'autre gressin, là-bas, ignore-la. Elle en vaut vraiment pas le coup. »
    « Enchanté, moi c'est Cassie. »
    C'était un peu débile de ma part de dire ça, car juste avant, elle tenait mon pass entre ses doigts et avait surement du lire mon identité.

    « Merci, de l'avoir rembarré comme et effectivement elle n'en vaut vraiment pas la peine. »

    Je refis un autre sourire à Sixtine, puis jeta un vif coup d'oeil et direction de Sato, qui marmonnait des mots inaudibles, surement des injures en notre sujet. Enfin je ne voulais pas me mêler à tout ça, j'avais déjà pris du retard par rapport à mes camarades et nous n'allions pas rester en coulisse toute la soirée, il fallait quand même laisser un peu d'intimité aux mannequins juste après leur défilé. J'inspectais la pièce, afin de trouver un bon coin pour mes photos. Car en plein milieux du passage avec plusieurs top derrière nous, les photos n'allaient pas être terrible. Je vis un peu plus loin une coiffeuse libre, dans le miroir, il y avait plusieurs petites diode et sur le plateau se trouvait toute sorte de cosmétique. Et juste au-dessus de cette coiffeuse il y avait un gros néon qui me permettrait de ne pas avoir trop de lumière venant du miroir. Je fis signe à Sixtine que j'avais trouvé un bon coin pour commencer mon travail. Je fis quelques pas vers la coiffeuse avant de faire un court dé-briefing. Je voyais les membres de mon groupe faire des photos simples en prenant leur model dans des positions debout, sans vraiment trop d'originalité.

    « Tiens là ça sera parfait. Je pensais à une séance de maquillage. Enfin tu prends les cosmétiques et tu fais mine d'en mettre. »

    La séance pouvait enfin commencer, j'en avais presque oublié le monde ambiant et le vas et viens des personnes. Je visais Sixtine à travers l'appareil, les réglages étaient bons et la lumière parfaite. Une pose, un shoot, une pose, un shoot,... Tout ce faisait comme un petit pain, c'était agréable de faire ces photos. Le mannequinât et la photographie réunies deux passions qui se mêlaient à merveille.


Dernière édition par Cassie H. Rosebury le Mer 31 Aoû 2011 - 17:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Dim 28 Aoû 2011 - 18:36

Avec cette Sato, c’était toujours la même chose. Sixtine avait déjà eu l’occasion de défilé en sa compagnie et ce comportement chez elle n’était pas exceptionnel. Il n’étonnait plus personne car tous avaient l’habitude de cette petite peste prétentieuse qui se pavanait parfois devant les autres en racontant des exploits dont elle était vraiment la seule à être fière. Toutes les autres riaient à ses blagues idiotes mais c’était uniquement pour lui faire plaisir et ne pas attirer ses foudres. Une fois, Sixtine l’avait vue s’énerver sur une autre débutante arrivée un mois avant elle. Elle avait été la seule à intervenir quand Sato lui avait cassé une chaise pliante en plastique sur la tête. La nouvelle était repartie aussi sec et n’avait plus jamais remis les pieds à l’agence. Sato avait eu sa petite victoire jusqu’à ce que Sixtine veuille s’imposer. Heureusement, personne ne connaissait son passé plus que récent et ce n’était pas pour lui déplaire. Cette grande gigue en aurait profité pour s’en servir contre elle. Cela semble être devenu une habitude de tenter de renverser toutes les nouvelles un peu trop jolies qui risqueraient de prendre sa place. Manque de chance, un mois plus tôt est arrivée cette petite japonaise blonde au caractère bien trempé qui a vite fait de la remettre à sa place. Dès lors, Sato a cessé de vouloir à tout prix imposer sa loi tout en lançant parfois de petites piques acerbes pour rappeler son existence, plus qu’insignifiante aux yeux de Sixtine.

La blondinette photographe se présente de nouveau, à l’oral cette fois. Sixtine sourit. Ces manières lui rappellent son pays natal, le Japon, où un employé d’entreprise donne à la fois sa carte tout en se présentant à haute voix. Alors peu lui importe qu’elles se trouvent aux Etats-Unis, peu lui importe que ce genre de pratique ne se fait que chez elle. Elle a ce sourire doux, qui lui arrive une fois tous les trente-six du mois, autrement dit très rarement, mais le perd très vite dès que Cassie lève les yeux vers elle. C’est drôle ça, de s’appeler Cassie. D’ordinaire, elle aurait cru à un diminutif alors que dans le cas présent, il semblerait que ça soit son vrai prénom. Il serait particulièrement impoli de demander et d’habitude, ce n’est pas ce qui la dérange. Mais le moindre faux pas devant Sato lui donnerait beaucoup trop de raison de la rabaisser. En plus, elle la remercie. Le sourire qui réapparaît sur son visage est à présent devenu mutin et joueur. Comme si elle avait besoin de la remercier de quoi que ce soit alors que derrière tout ça, Sixtine a fait ça aussi en tant que vengeance personnelle. Cela dit, Cassie n’est pas obligée de le savoir et elle croirait toujours que la mannequin a fait ça pour elle ce qui, en un sens n’est pas faux. D’une oreille, elle entend l’autre grande perche marmonner quelques insultes en japonais. Quatre mois qu’elle n’a pas entendu un mot de japonais, mais ça n’est pas très agréable en ce moment. Elle se retourne vers Sato et lui jette un regard noir à travers le miroir, tandis que la petite photographe en herbe jette un coup d’œil circulaire à la salle. Jusqu’à ce que l’autre réagisse, Sixtine ne détourne pas le regard.

Quand elle gagne, son attention se reporte sur la jolie photographe qui semble avoir trouvé un endroit propice à la prise de photos. A son geste, Sixtine se lève docilement et la suit jusqu’à la coiffeuse digne d’un décor du Moulin Rouge. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre comment elle veut la faire poser. La mannequin tend une main et attrape un paquet de lingettes démaquillantes sur la table dans les affaires d’une de ses rares amies au sein de l’agence. Elles sentent bon la fleur de lait. D’un geste précis et expert, elle retire tout le maquillage qui peignait son visage, jetant un œil malicieux à la jeune américaine.
    « Je me disais que ça ferait un peu bizarre sur les photos si j’ai le maquillage dès le début… Ça ne te dérange pas, j’espère. »
Sans attendre de réponse finalement, elle s’assoit devant la coiffeuse et se remaquille comme si elle ne voyait pas la photographe toute proche d’elle. En réalité, sa présence ne la dérange pas plus que ça. Irrémédiablement, son regard est attiré dans le miroir par le retour de la peste brune dénommée Sato. Sans pouvoir s’en empêcher, elle pince les lèvres d’agacement. Elle s’approche de la table la plus proche et commence à lisser ses cheveux exceptionnellement gaufrés pour le défilé. Alors que Six va pour se reconcentrer sur ce qu’elle fait – à savoir ne pas s’étaler du crayon ailleurs qu’autour des yeux – elle voit l’autre modèle lâcher le fer brûlant, juste au-dessus de Cassie. Par réflexe, elle attrape brusquement la photographe par le bras et la tire vers elle. Des gestes brusques et un peu violents, mais c’est avec soulagement qu’elle entend le bruit du métal des plaques lissantes frapper le sol plutôt que la tête de la blondie. Machinalement, elle a passé les bras autour des épaules de celle-ci et dévisage la mannequin comme si elle allait lui sauter dessus et lui arracher les yeux pour les manger à la petite cuillère. Et encore, elle aurait trop peur de s’intoxiquer avec. Sa voix résonne dans la pièce, agressive et forte, car toutes les autres ont interrompu leurs gestes pour observer la scène.
    « Sato, espèce de connasse ! Qu’est-ce qu’elle t’a fait ? T’as tellement peu confiance en toi que t’es obligée de t’en prendre à tous ceux qui ne te regardent pas ? Et toi, défends-toi un peu aussi ! »
Cette dernière injonction adressée à Cassie est criée sous le coup de la colère. Bien sûr, elle pense tout ce qu’elle dit. Dont cette dernière phrase qu’elle aurait formulée de la même manière si elle n’était pas sur les nerfs. Après tout, c’est vrai. Cette Cassie n’a rien fait pour se défendre alors que tout le monde sait bien que si l’on ne s’impose pas on se fait systématiquement bouffer, quel que soit le milieu. En lui intimant de se défendre, elle l’a un peu secouée physiquement, espérant que si ses mots ne font pas d’effet, une petite secousse le ferait.
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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Jeu 1 Sep 2011 - 8:42








    Je connaissais bien la leçon, je l'ai toujours défilante en tête. Il faut savoir se faire plaisir, mais aussi faire plaisir au model. Chacun à son rôle, mais il est vrai que la plupart du temps, c'est surtout la personne qui se retrouve sur papier glacé qui est le plus récompensé et reconnu. C'est un monde impitoyable, vouloir percer un jour n'est pas à la portée de tous. C''est pourquoi j'avais fait les deux rôles, pouvoir prendre les poses, défilé,... mais aussi sentir l'appareil qui tournait entre mes mains, son petit bruit au déclenchement, soulever son poids, ainsi que de pouvoir caresser ses boutons, afin de régler à la perfection. J'avais fait quand même un choix, je préférais le recul aux paillettes. Mais au final, j'avais toujours cette petite étincelle en moi qui me poussait à vouloir recommencer. À Boston, j'avais réussi à me faire un nom, j'avais fait beaucoup de shoot pour des pubs, des pubs télévisées et des défilés. Bizarrement dans les rues tout était comme dans la vraie vie, tout le monde me dévisageait avec encore ce sentiment de déjà-vu. Ils étaient quasi certain de m'avoir vu quelque part, mais où ? En même temps, une fois complètement démaquillé, avec des tenues 'normale' ne sortant pas de l'ordinaire, je ne ressemblais plus trop à cette jolie blonde d'une beauté poudrée. Enfin,... Je préférais ça à autre chose. J'ai toujours eu horreur que des personnes sachent que sur cette grande pancarte c'était moi. Dans mon agence, j'avais réussi à avoir un pseudonyme, pour qu'aucune personne puisse lire mon identité. Je n'avais pas repris contact avec l''agence ici à L.A. Peut-être serait-il bon de le faire un jour ou l'autre ?

    Accroupis sur le sol, j'enchaînais le cliché de Six, lui demandant de prendre différente pose, d'un coup de regarder l'objectif à travers le miroir, d'un autre de se regarder elle sans prêter la moindre attention à l'appareil qui la fixait. Elle avait enlevé son maquillage un peu plus tôt, sans que j'ai eu le temps de lui donner mon avis. Normalement, c'est plus le photographe qui donne les ordres (enfin après avoir reçu ceux de la marque, si dans le cas il y avait marque derrière tout ça). Mais je n'allais pas me mettre en rogne après Six, c'est la première fois que je 'travaille' avec elle et c'est peut-être la dernière. Après tout ce n'est qu'un exercice parmi les nombreux à venir. Elle était vraiment belle et ses poses étaient recherchés et pas trop banale. On sentait bien son aisance dans son monde, que ça soit sur scène, ou sur les photos. Elle avait un talent immense, ce qui compensait sa petite taille. Mis à part son talent, il y avait son fort caractère, ce qui lui permettait de venir à bout de tous les soucis de ce métier. C'est sûr qu'il est vraiment impitoyable, tout le monde ne cesse de se marcher dessus, de rabaisser les autres, afin de se créer une supériorité,... On voyait tout cela en Sato, l'idée d'une fille qui a besoin de se sentir supérieur aux autres pour régner. Le mannequinât, c'est vraiment, dur, les petites âmes doivent se renforcer sinon elles sont mal. Sato n'était pas la seule à avoir ce comportement, malheureusement bien d'autres sont comme elle, dans le seul but d'être reconnu et d'être célèbre. J'en avais croisé plusieurs comme elle, à force je ne fais plus trop attention. Je ne suis pas trop du genre à rétorquer tout le temps, sauf quand ça va vraiment trop loin. Jouer les faibles tout en étant forte. En même temps, avec mon visage j'ai tout de suite eu des moqueries, des personnes voulant me faire regretter d'avoir mis les pieds dans leur territoire, mais au final je me suis bien amusée.

    Puis tout ce passa très vite, le regard de Six dans le miroir était attiré par Sato. Je n'ai pas tout compris à la scène, en quelques secondes, je me suis retrouvais d'accroupis sur le sol le reflex en main à, debout dans les bras de Six, qui avait un regard de tueuse. Sato était non loin et un fer brulant venait de tomber sur le sol juste à l'endroit où je me trouvais. J'étais un peu secoué, n'ayant pas encore bien intégré ce qui venait de se passer. Puis Sixtine ce mi à crier, si bien que toutes les personnes environnante, y compris ma classe et notre professeur, avait cessé toute activité et nous dévisageaient.

    « Sato, espèce de connasse ! Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? T'as tellement peu confiance en toi que t'es obligée de t'en prendre à tous ceux qui ne te regardent pas ? Et toi, défends-toi un peu aussi ! »

    La scène ce répétais dans ma tête et tout devenait plus clair. Mais pourquoi Sato en avait-elle contre moi, au fond cette pensée paraissait totalement stupide. Elle n'avait rien contre moi, elle n'appréciait pas le fait qu'on puisse faire passer quelqu'un d'autre avant elle, qui plus est quand cette personne et une de ces rivales, ennemies. Enfin bon, quel comportement. Je crois bien que je n'avais pas eu affaire avec une teigne pareille. La plupart du temps, soit on s'envoyait des piques oraux ou, on sabotait certaines choses,... Mais jamais on ne faisait quelque chose susceptible de blesser la personne. Sixtine était vraiment remonté après elle, comme si là elle avait battu des records. Mais sa dernière phrase m'étais destiné. « Défends-toi un peu aussi ! », on ne m'avait encore jamais dit cela auparavant. Il est vrai qu'on m'a souvent pris pour une faible, avec ce visage, si... enfantin presque innocent. J'étais souvent la cible des personnes comme Sato, mais au fil du temps, ils comprennent bien qu'il ne faut pas trop abuser. Mais là elle m'avais aussi mise en colère comme Sixtine. Cela allait vraiment trop loin, je veux dire au fond je veux bien comprendre qu'on ne puisse pas supporter des personnes, mais de là à vouloir faire du mal.

    J'étais toujours contre Sixtine, à ce moment-là on aurait dit qu'elle allait m'étriper. Sato non loin, elle savourait la pagaille qu'elle avait semé dans les coulisses. Ils étaient devenus horriblement calme, c'était presque déstabilisant. Tout le monde avait le regard braqué sur nous, comme impatient de voir la suite. Les étudiants de ma classe nous regardez en savourant chaque seconde. La jeune japonaise semblait prête à me secouer comme une feuille pour me réveiller. Je me dégageais de son emprise en m'agitant un peu afin de me mettre bien droite sur les baguettes qui me servaient de jambes, puis je m'avançais d'une allure sûre de moi et forte vers Sato. Elle me regardait avec un sourire de satisfaction. Mon appareil cognait contre mon ventre et je le repris en main pour l'arrêter. Une fois face à elle, plus petite évidemment, sans des talons je mesurais seulement quelques centimètres de moins qu'elle. Puis je lui sortis sur un ton assuré, pas trop en colère, mais bien déterminé.

    « Franchement ça te fait rire de faire ça ? Tu ne peux pas supporter le fait que la Terre ne tourne pas autour de toi. Encore que tu te foutes de la gueule des gens je veux bien comprendre, mais là ça va trop loin. T'es pitoyable. Je n'avais encore jamais vue ça. »

    Je fis quelques pas en arrière pour reprendre le fer brulant sur le sol, tout en évitant de tourner le dos à Sato. Puis avec élégance je le déposais sur la coiffeuse où Sixtine était assise il y a peu. Les personnes présentes commençaient à ce dissiper, mais gardaient un œil sur nous en toute discrétion.



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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Mer 7 Sep 2011 - 22:50

Une dizaine de personnes se sont regroupées autour d’elle. Sixtine entraperçoit brièvement le maquilleur adorable et doux qui l’a aidée tout à l’heure, les habilleuses, les coiffeuses, tout le staff de la marque. Ils les regardent, qui avec de grands yeux écarquillés, qui sur la défensive, prêts à les arrêter au cas où une bagarre éclaterait. Comme si elles allaient commencer à tenter de s’arracher les yeux dans les coulisses d’un défilé. Sixtine l’aurait fait, en fin de compte, si Cassie n’avait pas été là. Peu lui importe le regard qu’elle peut lui porter, peu lui importe sa réaction, mais ce qu’elle ne veut pas c’est d’impliquer dans leur guerre personnelle une jeune femme qui n’a rien à voir là-dedans et risquer qu’elle se blesse par la faute de l’une ou de l’autre. Elle ne sait que trop bien comment la dispute risque de tourner si elles en viennent aux mains. Cassie aura de gros problèmes au sein de sa classe et sera peut-être durement sanctionnée, et Sixtine sera tout bonnement virée. Sato est la doyenne de l’agence, elle est crainte et respectée de tous pour son travail admirable et son caractère tout bonnement infâme. Si en plus Sixtine l’abîme, s’en est finit de sa carrière de mannequin. Alors elle se contente de répondre verbalement à chacune de ses attaques. Elle ne peut pas lui parler sans se sentir obligée d’être vulgaire. Lors de leur dispute, elle redevient la petite fille déboussolée qui arrive en prison et ne sait pas se défendre autrement que par les mots. Elle ne se trouve d’ailleurs pas très douée dans ce domaine, préférant nettement se battre comme elle a appris à le faire dans la prison pour femme d’Akane.

Que Sato lui en veuille personnellement, elle peut le comprendre, de même qu’elle tente de la détruire aussi bien mentalement que physiquement. Sixtine se sait assez forte pour résister jusqu’au bout. La grande gigue flanchera avant elle, elle s’en est fait la promesse à la suite de leur première confrontation. Qu’elle se défoule sur elle si elle en a envie, Sixtine se relèvera toujours, peu importe la force avec laquelle l’autre frappe. Mais qu’elle s’en prenne à Cassie pour l’atteindre elle, c’est inadmissible. C’est d’une bassesse et d’une cruauté dont même elle ne serait jamais capable. La mannequin serre la blonde dans ses bras, tremblant un peu trop à son goût. De peur bien sûr, mais aussi de rage. Imaginez si Cassie avait reçu le fer brûlant sur la tête ou la nuque. La connaissant, Sixtine s’en serait sans doute voulu toute sa vie de ne pas avoir réagi. Elle s’était presque jetée sur elle pour l’arracher de l’endroit où elle se tenait accroupie. Comme une vraie brute mais il valait mieux ça. L’envie de se jeter sur Sato pour lui arracher les yeux, la frapper si fort et si longtemps qu’elle ne se relèverait plus, est bien là mais la mannequin doit la contenir. L’apathie chronique de l’apprentie photographe est incroyablement énervante pour Sixtine, l’éternelle impulsive qui ne demanderait qu’une chose, la secouer comme un prunier pour qu’elle réagisse. Incompréhension dans ses yeux. Mais réagis, bon dieu, Cassie. Ne te laisse pas faire comme ça par cette tarée. Fais quelque chose, et si tu ne veux rien faire, ferme-lui au moins son caquet ! Il aura fallu que, devant tout le monde, Sixtine lui crie de se défendre pour qu’elle s’exécute.

Et encore, se défendre est un bien grand mot. Il lui faut quelques secondes de réflexion pour s’extraire des bras de Sixtine et réaffirmer sa position sur ses pieds avant d’avancer vers Sato. Elle n’a pas l’air plus déterminée que ça, encore moins en colère. En fait, elle a l’air tout simplement complètement indifférent. Impossible pour Six d’y croire. Aurait-elle réagi de cette manière si le fer à lisser lui avait ouvert le crâne ? Ah non, sûrement pas, elle serait déjà morte. Peut-être même avec la même expression indéchiffrable au visage. Peut-être une petite moue boudeuse, mais sans plus. A ses mots, Sato ne perd pas son sourire. Au contraire, il s’élargit. A la fin de sa tirade, elle reprend le fer en tentant de ne pas lui tourner le dos mais ce moment arrive inévitablement et comme prévu, la grande perche le saisit à la volée. Avec un sourire carnassier pendu au bout des lèvres, elle tend une main vers Cassie. Un flash. Un mauvais souvenir d’une certaine journée à Akane. Sixtine ne s’était fait qu’une seule amie là-bas. Beaucoup d’ennemies, notamment un groupe de racailles d’Okinawa prêtes à tout pour la démolir suite à une sérieuse embrouille. Prêtes à tout. Un jour, Sixtine était tout simplement en train de discuter avec son amie. Elle ne les a pas vu arriver derrière elle. Une main s’est soudain posée sur l’épaule de cette petite brune aux yeux étrangement bleus. Deux paires de mains puissantes ont saisi Sixtine par-derrière et elle a été obligée de regarder son amie se faire passer à tabac et tuer sous ses yeux. Au sein même de la prison. Elle a eu beau hurler, ruer, même tenter de les mordre, elle n’a pas pu les en empêcher. Depuis, elle a ce geste en horreur. Alors, elle a une réaction purement instinctive. Violente sans doute un peu, mais instinctive, comme un réflexe de défense. Elle s’interpose entre Cassie et la main de Sato et l’attrape brusquement, la serrant encore et encore, le plus fort possible jusqu’à voir le visage de la grande mannequin se déformer pour refléter non pas son habituel air satisfait mais tout simplement de la douleur.
    « Si tu la touches, Sato, je te jure que je te tue. »
Au moins, ça a le mérite d’être simple. Clair, net et précis. Les gens – elle-même parfois – se forcent toujours à employer des phrases complexes pour proférer des menaces alors que l’on comprend tellement mieux les phrases simples : sujet, verbe, complément. Ici, la menace est simple. Si Sato ose poser le moindre bout de doigt sur Cassie, Sixtine s’occupe personnellement de lui organiser une belle mort et des modalités d’enterrement si elle en a envie. Mais si elle lui avait formulé sa menace ainsi, sans doute ne l’aurait-elle pas comprise. Belle, belliqueuse mais bêtasse la grande Sato. Soudain, une poigne de fer détache leurs mains. Le maquilleur prend fermement la doyenne par les épaules et l’emmène dehors à grands coups de viens suis-moi, détends-toi, calme. Quant aux deux Yorkshire qui suivent habituellement la grande gigue, Sixtine n’a qu’à les fixer méchamment quelques secondes durant pour qu’elles partent à sa suite en baissant les yeux. Finalement, elle se retourne et se dirige à grands pas vers sa coiffeuse, passant à côté de Cassie sans lui jeter le moindre regarder. Fini. Elle en a assez. Alors que, revenu de son excursion, le maquilleur fait sortir tout ceux qui ne sont pas du staff ou de l’agence, il va vers Cassie dans l’intention de la virer aussi. Assise devant le miroir, en train d’attacher ses cheveux dans une haute queue de cheval désordonnée, Sixtine tourne les yeux vers eux à travers le miroir.
    « Non, laisse-la rester si elle en a envie. »
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MessageSujet: Re: The model and the photographer.   Dim 18 Sep 2011 - 11:50








    Tout tourné au plus mal, Sato n'avait vraiment pas l'air de vouloir arrêter son jeu, continuer jusqu'au bout. Qu'elle teigne. Il faut savoir s'arrêter, stopper, je sais pas moi. Mais c'est quand même un boulot qui est en jeu. Même si son rôle c'est de faire chier tout le monde et de les terroriser, il faut quand même ne pas franchir certaines limites. Peut-être que ce monde est impitoyable, surement que tout le monde n'est pas ton amie et surtout ton ennemie, mais aussi qu'elle est focu et que dans ton dos ou en face tu t'en prends pleins... Mais là, là ça dépassé les bornes. Devoir faire évacuer tout le monde extérieur aux coulisse, c'est vraiment que tout avait mal tourné. Les membres de ma classe me regardaient, sourcils froncés, le message était bien là : « T'es fière de toi hein ? ». Ils remballaient leurs appareils, disaient au revoir aux mannequins qu'ils avaient choisis comme modèle,... Il y avait tellement plus de monde, à croire que beaucoup étaient arrivés. Mais comment. Il y avait beaucoup d'agitation, les 'visiteurs' ce dirigeant vers la sortie. Tout était fini. Mon professeur avait était emmené limite de force en dehors des coulisses. Qu'elle honte. Vous imaginez, la réputation, peut-être que par ma faute nous n'auront plus jamais l'autorisation de refaire des séances photo live en coulisses. Je veux dire aussi au fond, j'y suis pour quoi ? D'avoir choisi la mauvaise personne prendre en photo ? Que cette fille soit ennemies avec la pire des pestes qu'il puisse exister ? Et que bien sûr au lieu de la laisser bouler celle-ci répliquait ? Ce n'est pas vraiment de ma faute... Mais je savais qu'en dehors de ces coulisses et dans mon école on allait me tenir pour responsable. Rien qu'aux regards de mes camarades je voyais bien qu'ils le pensaient. « C'est de TA faute ! ».

    « Aller viens Cass on s'en va. »

    C'était Mark, le garçon que j'appréciais beaucoup, mais ce laisser, lui trop marcher sur les pieds. C'était la première fois que sur son visage je voyais une marque de colère. D'habitude il affiche toujours ce visage impassible, tellement vulnérable,... Mais là il avait le regard noir, il n'étais vraiment pas fière. Encore une fois il m'agrippa le bras et me tira de force vers la sortie. J'avais enfin réussi à l'endurcir ? Avait-il enfin compris que lui aussi devait se débattre par moment

    « Tu fous vraiment le souque toi. »

    Là ça devenait vraiment trop bizarre,... Il s'était posté devant moi, je voyais mieux son visage à présent, et là... Il avait un large sourire. Les yeux plissaient, la bouche grande ouverte. Lui aussi ressemblait à un enfant. Sa réaction était tellement étrange. À croire qu'il s'en était voulu, de m'avoir crier dessus. Un pas de plus et je me suis figée sur place, il avait beau tirer je restais encré dans le sol. Je me débâtis violemment avant de lui répliquer :

    « Lâches moi ! Je te dis de me lâcher. Franchement tu crois vraiment que tout est rose toi ? Pourquoi tu me souris, hein dis moi pourquoi ? Pourquoi tu te laisses toujours faire ? Pourquoi tu ne réagis jamais ? Pourquoi tu m'aimes bien alors que je n'arrête pas de te crier dessus ? J'en ai marre, MARRE tu comprends ! J'ai failli être fière de toi te voyant pour la première fois en colère. Bon Dieu, mais tu n'as plus trois ans, tu peux te défendre toi aussi ! Tu crois vraiment que ce qui s'est passé aujourd'hui c'est de MA faute, tu vas m'en vouloir ? Au fond je m'en fous de ton jugement tout ce que je veux c'est que tu me détestes au moins une fois dans ta vie. J'ai envie que tu comprennes ça. Je sais pas moi. J'ai besoin que tu m'en veuilles sur le fait que par ma faute tu sois obligé d'arrêter de prendre les photos, qu'aujourd'hui c'était une journée vraiment pourrie, j'ai envie que tu m'en veuilles pour tout ce que je t'ai fait. Je t'aime beaucoup, tu sais, mais je suis méchante avec toi, pour que tu te défendes, au lieu de ça t'es là toujours impassible. À me sourire comme si,... comme si...

    - C'est bon t'as fini ? »

    Plus je lui avais parlé, plus je sentais les larmes me monter aux yeux. Ça me piquait, j'avais la vision trouble. Et tout à coup tout est tombé, les gouttes chaudes me coulaient sur les joues, puis dans mon cou,... Et sa seule réaction c'était de me demander si j'avais fini... Je lui donnais un grand coup sur le bras pour dégager le mien de l'emprise de sa main. Puis en lui tournant le dos je le laissais seul s'en aller sans même le regarder. Une marche arrière vers les coulisses. Je me mise en plan en plein milieu de passage afin de sécher mes larmes et de regarder le ciel. Puis la personne qui s'occupait de tous nous faire sortir s'avança vers moi voyant que j'étais la dernière et me montra la sortie.

    « Non, laisse-la rester si elle en a envie. »

    Sixtine venait de dire ça... Après tout à quoi bon sortir, pour retrouver ma classe, peut-être me faire passer un savon et voir Mark ? Très peu pour moi pour le moment. Et puis, ils ne pourront plus rentrer alors je serais tranquille pour un moment, enfin j'espérais... Je m'avançais vers la coiffeuse où était Six, toujours mon appareil pendant au cou.

    « Pourquoi tu veux que je reste ? »




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