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 Little time with her / Six

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MessageSujet: Little time with her / Six   Mar 21 Juin - 0:00



Quand mon cœur me serre comme il me serre à ce moment précis, automatiquement mes larmes coulent le long de mes joues. Journée déprimante sous les nuages déprimés de Beverly. Je vois l'absence d'Alec partout et lentement ça me tue. Incapable d'écrire sur mon journal aujourd'hui. Mes larmes m'empêchent de voir correctement. Je pense que ce n'est qu'une excuse enfaite. Parce que j'aurais quand même été capable d'écrire, sous cette pluie. Assise sur un banc humide et moi-même toute trempée à présent. Je regarde cette grande horloge en face de moi. Le temps semble ralentir de plus en plus, comme s'il allait à la même vitesse qu'une limace ou encore un escargot. Reste à savoir qui est le plus rapide des deux. Assise sur ce banc humide, il y'a des chances que j'attrape froid. Que je sois clouée au lit pendant longtemps. Mais ça n'a que trop peu d'importance. Il y'a une sorte de vide, grand vide depuis qu'il n'est pas là. C'était comme s'il était parti depuis un très long moment. Peut être est-ce mon côté paranoïaque. Peut être est-ce simplement la vérité. J'ai l'impression que mon cœur n'est plus assez solide. Je vois son absence partout, même sous la pluie qui aurait mieux fait de la cachée. Et puis moi, l'idiote de service qui ne parle que pour ne jamais en dire assez. Jamais en dire assez avant qu'il ne parte sans prévenir. Enfaite, il n'est pas vraiment parti. Il est juste absent depuis quelques temps. Et ma fierté est incapable de lui dire ça. Ce n'est pas la même chose que si je le dirais à un ou une amie. Ce n'est vraiment pas la même chose.


Et qu'est-ce que je fabrique ici ? C'est comme si j'étais en train de l'attendre alors que je suis sûre qu'il ne viendra pas. Qu'est-ce que je fabrique ici alors qu'il pleut des cordes dehors ? Je suis sûre qu'il ne viendra pas, et pourtant il y'a toujours ce petit espoir. Cet espoir qu'il vienne. Comme ça, par magie. Comme dans les films, avec son parapluie dans lequel on rentrerait à deux... Je regarde les bus passés sans monter pour rentrer à l'internat. Ils vont tous en direction de l'internat au final et je n'ai pas envie de rentrer. Je voudrais une autre destination. Loin assez loin pour qu'on ne voit pas ces larmes qui ne devraient pas être là. Juliett Aaron ne devrait pas pleurer. Elle devrait être suffisamment forte à présent, pour tenir le coup. Elle devrait avoir comprit que l'amour fait mal. Mais on ne peut pas vraiment définir la douleur. Notre cœur se serre, nos jambes, on ne tient presque plus sur nos jambes. On ne sent pratiquement plus nos bras. L'amour fait mal. Il cogne, il blesse, il écorche la peau de l'intérieur. L'amour nous vide, petit à petit après nous avoir fait vivre pleinement. Assise sur ce banc humide vraiment, je garde ce petit espoir de le voir descendre du prochain bus avec ou sans parapluie. Qu'il me dise seulement qu'il est revenu. Juste ça, et les choses iront mieux. Parce que hier soir, j'ai commencé à lui écrire un message que je ne lui ai finalement pas envoyé. Parce que je n'en avait tout simplement pas la force. Alors je suis restée devant l'écran éteint de mon portable jusqu'à m'endormir. M'endormir la tête pleine d'inquiétude. Pleine de "comment je vais faire pour m'en sortir sans lui ?", la tête pleine de question sans réponse. Quand une personne s'en va sans prévenir, quand une personne nous manque comme il me manque, qu'est-ce que nous sommes sensés faire ? Qu'est-ce que je suis supposé faire ? Je me suis endormie la tête pleine de "pourquoi". Et dans mes rêves hier, j'espérais doucement que qu'il ne fasse pas parti de ces personnes là, qui s'abandonnent et qui abandonnent trop vite. Et aujourd'hui... Aujourd'hui je me retrouve ici ; cet arrêt de bus dont les bus aujourd'hui ne me déposent nul part. Je veux rester ici. A sentir la pluie couler sur mon visage. A finir par attraper froid même si l'été est proche. Même si j'ai toujours cette blessure d'accident à la jambe. Tant pis. Tans pis vraiment. Je pense à lui
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MessageSujet: Re: Little time with her / Six   Ven 24 Juin - 23:09

Il pleut sur la ville. C’est la vue que l’on a à travers la fenêtre de la petite chambre au dernier étage de l’hôtel. Le ciel noir strié de gouttes de pluie qui inonde une ville réputée pour son soleil toute l’année. Le ministre du tourisme n’est qu’un sale menteur, pense une blonde allongée dans un lit King Size. Pourquoi mentir sur la météo pour attirer des touristes qui fuiront au moindre petit nuage ? Mais au moins, eux, ils peuvent se le permettre. Fuir au moindre petit nuage dans un ciel bleu azur. Ce serait tellement bien de pouvoir fuir la moindre contrariété quand elle apparaît. Il y aurait juste à se réfugier sous un préau et on serait à l’abri et en sécurité. Plus besoin d’avoir peur, de faire ce métier pourri. Est-ce vraiment un métier ? Plutôt un troc, en quelque sorte. On donne quelque chose et on reçoit autre chose. Par exemple ces deux billets de cent dollars posés sur son ventre qui monte et qui descend au rythme lent de sa respiration. Du bout des doigts, elle tient une cigarette à moitié consumée qui dépose ses cendres sur la moquette beige. Son autre main est posée sur les billets. Les yeux mi-clos, elle passe la chambre au scanner. Petite chambre miteuse d’un deux étoiles minable en banlieue dans le quartier noir-américain. Les murs et la moquette beiges, le lit blanc sale, deux tables de nuit, une armoire encastrée dans le mur, une petite sale de bain attenante qui n’a sans doute pas été nettoyée depuis des temps immémoriaux. Ses vêtements à elle négligemment jetés à terre, près du lien, ses vêtements à lui soigneusement pliés sur une chaise. Tue l’amour. D’un mouvement brusque des doigts, elle fait tomber le reste des cendres puis relève le bras vers elle, observant avec une certaine fascination l’extrémité incandescente de la cigarette.
    « Tu savais qu’un foyer de cigarette pouvait atteindre les 800°C ? Voyons voir ce que ça fait si… »
Sa voix est métallique. Sans un mot de plus, elle se retourne brusquement vers l’homme allongé sur le ventre à côté d’elle. La quarantaine, les cheveux noirs en bataille, d’immenses yeux bleus comme l’eau, un grand tatouage sur le dos. Elle ne sait même pas ce que c’est et ce n’est pas ça qui l’importe pour l’instant. Elle rapproche de plus en plus la cigarette de son bras musclé. Réagissant enfin, comme si auparavant il n’avait pas compris son geste, il la repousse enfin avec un « tu es folle » marmonné d’un ton peu convaincu. Même pas drôle. Avec un soupir énervé, la japonaise étrangement blonde se lève. Elle se rhabille. Un débardeur blanc en dentelles qui ne dissimule même pas son soutien-gorge noir, un minishort en jean et des cuissardes aux talons vertigineux. L’uniforme de travail. Elle est certaine de s’attirer des remarques dans la rue. L’argent va directement dans son porte-monnaie. Ses longs cheveux blonds chatouillent son dos. Ce soir, c’est décidé, elle les coupe. Ou peut-être demain on verra. Ça plait bien aux clients. Pouvoir la tenir par les cheveux. Insensible, elle n’a pas mal quand ils le font. Ils sont beaux, elle les aime bien mais en même temps, elle a vraiment chaud avec. Elle y passe un coup de brosse, range-celle-ci dans son sac et se dirige vers la porte sans même un regard pour l’homme encore dans le lit. Enfin il se redresse.
    « Et t’arrives encore à marcher avec tes talons de putasse de trente-six centimètres de haut avec tout ce qu’on a fait, chérie ? »
    « Mes talons de putasse et moi on te dit merde, connard. »
BAM. Elle est partie comme une mal élevée en claquant la porte. Rien à faire, l’argent est bien au chaud dans son sac et son sac à son épaule. Deux minutes plus tard, elle est dans la rue. Il pleut encore plus fort qu’avant. Le tonnerre gronde. Elle est la seule à trainer par un temps pareil. Elle n’a pas eu le temps de s’en rendre compte qu’elle est trempée de la tête aux pieds et ses cheveux semblent sortir de la douche. La pluie est tiède. Un vrai régal. Marcher sous la pluie ne la dérange pas. Au contraire, ignorante du peu de passants lui jetant des regards ahuris, elle s’amuse à sauter dans les flaques, manque de se casser une ou deux fois la figure. En moins de dix minutes, elle rejoint le quartier américain. Il y a plus de monde, elle ne peut plus sauter dans les flaques. Elle essaye bien une fois mais éclabousse un homme d’affaire au téléphone qui la traite de garce. Les insultes, elle y est insensible. Ce soir, rien ne semble pouvoir entamer sa bonne humeur depuis qu’elle a quitté l’hôtel. Elle se met même à chanter à tue-tête dans la rue. Sa voix n’est pas si mauvaise, agréablement féminine quand elle chante. Elle l’aime bien. Et elle a un égo démesuré aussi. Show me a smile then, don’t be unhappy. Can’t remember when I last saw you laughing. If this world makes you crazy and you’ve taken all you can bear, you call me up because you know I’ll be there. Elle s’arrête net en tournant au coin de la rue. La silhouette solitaire assise sous l’abribus – un bien grand mot pour un banc posé à côté d’un panneau signalant les horaires de bus - lui est familière. Un mot clignote devant ses yeux, un prénom plutôt. Juliett. Juliett. Juliett. Une fille pour laquelle elle s’est prise d’affection et qui suscite chez elle une jalousie qui la ronge. Regardez-la comme, trempée, à l’air déprimé et dans son monde, elle est magnifique. Et si vous entendiez sa voix.

Ses pas la mènent, non pas vers elle, mais vers un petit magasin ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, un petit supermarché. Sa lumière faible éclaire à peine la rue. Elle y entre comme une furie et demande d’un ton brusque au caissier s’il a des parapluies. Sans prendre la peine de lui répondre verbalement, il lui désigne un rayon au fond. Elle s’y rue en trottinant, assurée malgré de hauts talons, et attrape là le premier parapluie qui lui passe sous le nez. Rouge vermeille. Soit. En plus elle avait besoin d’un parapluie. Absolument. Elle en a déjà un mais là, c’est une urgence. Quinze dollars cette immondice. Cas d’extrême urgence, Sixtine, penses-y. Elle paie à contrecœur avec son propre argent, conservant précieusement les deux cents dollars que lui a rapporté une heure avec l’autre type de l’hôtel. Elle ressort aussi vite qu’elle est entrée et marche vers Juliett, ouvrant le parapluie juste au-dessus de sa tête. Puis elle se penche doucement vers elle et murmure à peine assez fort pour qu’elle l’entende :
    « Ne pense plus à lui. Aucun garçon ne mérite qu’une si jolie fille prenne froid pour lui. »
Medium ou voyante ? Ou juste connaisseuse. Quand les filles normales ont cet air sur leur visage, c’est qu’elles pensent au garçon qui a ravi leur cœur.
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MessageSujet: Re: Little time with her / Six   Lun 25 Juil - 15:58

Quelques souvenirs me reviennent sous la pluie. Des souvenirs qui se mélangent. Des souvenirs flous pour la plupart. Je me souviens de ma mère me disant un de ces après-midi ensoleillés que si on cachais sa souffrance, elle disparaissait. C'est enfaite ce que je me suis efforcé de faire durant de longues années. Et puis cette méthode a finit par ne plus fonctionner. J'ai foncé tout droit dans un mur en me mettant à boire, et j'en avais conscience. Mais je m'en fichais. Oui, je me fichais bien de ce qui pourait m'arriver par la suite. Et puis il y'a eu Alec. Alec Ethan qui m'a sorti de cette galère, qui m'a dit de me bouger et là, pour la première fois depuis un long moment, j'ai eu l'impression qu'on en avait quelque chose à faire de moi. C'est ridicule, stupide même, mais personne ne m'avais autant fait sourire. Personne ne m'avais mit dans cet état depuis un bon moment. Pour finalement partir sans prévenir ; non, personne.


Je balaie mes larmes du revers de la main, mais elle reviennent toujours à la charge. Je voudrais lutter contre cette vague de tristesse, mais c'est là. Ca ne partira pas avant longtemps. Longtemps, je ne sais pas quand. Peut être jamais, parce qu'il me manque encore. Oui, enfaite, je crois que mes larmes partiront quand il ne me manquera plus, vous pensez que c'est possible ça ? Pas moi. Parce que depuis que je l'ai rencontré dans ce bar ; tous les matins en me levant, je pense à lui. Parce que parfois, il m'arrive de relire nos SMS. Parce que je m'endors avec l'écran de mon portable encore allumé sur son répondeur. Parce que c'est tout ce qu'il me reste ; des souvenirs, et un répondeur qui ne me conduira probablement jamais vers lui. Il me manque. Il me manque. Il me manque. Et j'ai été stupide. Stupide de croire que Juliett Aaron avait droit au bonheur elle aussi. Qu'elle a le droit de dire tout haut qu'elle est heureuse sans se cacher de honte. J'ai été stupide de croire et de toujours y croire. De m'y accrocher comme une idiote, à ces souvenirs, à ce foutu répondeur, à lui. Je me sens stupide et pourtant, c'est inné en moi.



Je regarde cette grande horloge. Plus le temps passe, plus la pluie tombe. Que faire ? J'ai l'impression d'être un fantôme. Que faire quand tout ne tourne plus rond, quand tout la table de jeu s'est renversée et que tout le monde est part avant la fin de la partie ? Que faire, que faire, que faire ? Mon coeur tremble de l'intérieur. De froid, de tristesse, de déception, de regrets. Regrets de ne pas lui avoir dit ce que je pensais avant qu'il parte -et puis je doute que ça aurait changé quelque chose. Il est parti. Quel bus prendre pour le rejoindre ? Quelle route prendre ? Devrais-je le suivre ou tout simplement encaisser les coups ? Je ne sais plus quoi penser de tout ça pour tout dire. Il me manque et c'est là. C'est écrit partout dans ma tête ; en italique, en gras, souligné, surligné, entouré, encadré. C'est partout où je pose les yeux. Et la pire chose, c'est d'être impuissante, croyez-moi.


J'entends le bruit d'un parapluie qui s'ouvre. La pluie cesse, au-dessus de moi, mais pas autour. Oui, le temps est toujours aussi gris. Serait-il possible que ? Au son de la voix de Sixtine, mes espoirs retombent à nouveau, mais ne cessent pourtant pas d'exister. Et malgré l'intensité de ma peine, je ne peux m'empêcher de penser que sa voix est rassurante. Puis légèrement l'attirer vers moi. Un câlin ? Ça y ressemble. Réflexe peut être, pour être restée sous la pluie un peu trop longtemps. Pour avoir, comme une idiote attrapé froid. Consciente de ce petit détail en plus. Nous sommes toutes les deux sous un parapluie à présent, devant une grande horloge dont les aiguilles semblent avancer trop lentement. Et j'ai l'impression de ne plus avoir assez de voix pour parler. La tête posée sur son épaule, j'ouvre quand même la bouche, besoin de mots ;


Juliett - ... Qu'est-ce que tu en sais d'abord, hm ? Et si c'était une fille ? Et si c'était ... Et si c'était mes clés, mon ours en peluche ou encore ma robe préférée ? Et puis je pleure pas d'abord, je transpire...


Je n'ai jamais eu d'attirance pour les filles. Mes clés sont dans mon sac, bien au chaud, mon ours en peluche dans une boîte à souvenirs, ma robe préférée au fond d'une armoire. Et je pleure, mais balaie les larmes avant qu'elles ne franchissent mes joues. Je me suis grillée sur le dernier détail parce qu'elle ne m'avait rien demandé d'ailleurs. J'ai toujours ce besoin d'être sur la défensive dans des moments comme ceux-là. Rien de très méchant -du moins, je crois. C'est une espèce de fierté grandissante. Côté de moi que je déteste mais qui est là. Je secoue légèrement la tête. La douleur est toujours présente, mais je n'ai pas de blessure. Et puis il y'a Six aussi, qui est juste là. J'en avais besoin...
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MessageSujet: Re: Little time with her / Six   Sam 30 Juil - 20:01

Un câlin, c’est à ça que ça ressemble quand Juliett prend Sixtine dans ses bras. Elle se serre contre elle sans se laisser couvrir par celle qui tient le parapluie. Avec un petit soupire de résignation, elle qui n’est pas folle des câlins, elle s’assoit sans se détacher de son amie et pose son menton sur son épaule, caressant son dos. Elle sent le cœur de Juliett battre contre elle, pas plus vite que d’habitude mais pas plus lentement non plus. Le parapluie, au lieu de les couvrir, pend mollement dans sa main, pointant son nez par terre. La pluie les inonde en une sorte de déluge de sentiments. Au final, elle n’est pas si mal comme ça, collée contre la petite brune. Machinalement, Sixtine se redresse, la laissant s’affaisser contre elle, et passe une main sur son visage où des mèches de cheveux mouillés se sont accrochées. Elle les dégage tout doucement, presque une par une, pour ne pas lui faire mal. Mais franchement à part lui crever malencontreusement un œil ou lui griffer la joue, qu’aurait-elle pu lui faire ? Ses cheveux plaqués sur sa tête, elle se penche vers elle et l’embrasse longuement sur la joue. Comme le faisait sa mère quand elle avait un coup de blues ou que Shigeji lui faisait des misères, ce qui arrivait assez souvent. Surtout les derniers temps, juste avant qu’il ne veuille la quitter. Quand il lui faisait mal avec ses mots crus, quand il lui posait un lapin, quand elle n’en pouvait plus de sa jalousie, ou quand ils se disputaient parce qu’à son tour elle était jalouse des filles qu’il fréquentait, quand ça n’allait pas, elle allait se blottir dans les bras douillets de sa mère et se laissait dorloter.

A travers le bruit de la pluie qui se fracasse sur le trottoir et sur la route, elle entend très bien les mots qui sortent en flot des lèvres de Juliett. Une fille, ses clés, son ours en peluche, sa robe ? Parce que tout ça, elle sait très bien que ça n’est pas le cas. Si ça avait été pour l’une de ces choses, Juliett ne pleurerait pas. Sauf peut-être pour une fille, mais depuis que Sixtine la connaît, depuis trois mois, elle n’a jamais manifesté un quelconque intérêt envers les filles. Elle sourit légèrement sans cesser de caresser ses cheveux trempés. Elle ne se souvient pas de lui avoir demandé pourquoi elle pleurait mais plutôt de lui avoir dit qu’aucun garçon ne valait la peine qu’elle prenne froid pour lui. Ce n’est pas grave, ce sont des choses qui arrivent. Lentement mais sûrement, elle force Juliett à se redresser et, sans la lâcher vraiment, cherche dans son sac un paquet de mouchoirs. Si elle se voyait. Ses yeux de pandas tant le maquillage a coulé, ses lèvres gercées, ses cheveux littéralement inondés d’eau. Elle-même n’est sans doute pas mieux, mais n’a pas le cœur gros, juste le maquillage en berne. Quand enfin elle trouve ces foutus mouchoirs, elle relève le parapluie sur la tête de la brune et s’applique à effacer doucement ses larmes. Impossible avec une seule main, alors elle prend la main de Juliett dans la sienne et lui confie le parapluie. Prenant son menton entre ses doigts, elle la nettoie délicatement, effaçant le maquillage et les larmes.
    « Alors tu sais quoi ? On va le retrouver ton ours en peluche, je te le promets ! Viens, on va le chercher. Tu te souviens où tu l'as vu pour la dernière fois ? »
D’un seul coup, elle se relève et prend Juliett par la main pour la forcer à faire de même. Et si l’on prétendait, juste pour ce soir, que c’est parce qu’elle a perdu son ours en peluche qu’elle pleure ? Et si l’on prétendait ne pas avoir de soucis plus importants ? On va faire semblant juste pour cette fois, parce que parfois ça soulage le corps et l’esprit. Parce qu’elle ne veut pas grandir, regarder les choses en face, être mature, se forcer à consoler les autres quand elle ne sait pas le faire. Pour une fois, elle veut juste retomber en enfance, même si ensuite la pente pour remonter à la maturité sera longue, ce n’est pas un problème. Tout le monde aime les femmes-enfants non ? Sans la brusquer, elle l’entraîne dans les rues de Beverly Hills, loin de l’arrêt de bus et, elle l’espère, loin de ses malheurs.
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MessageSujet: Re: Little time with her / Six   Jeu 11 Aoû - 15:24


On prétends être fort. Et puis il y'a cette personne qui vient vous rappeler que vous n'êtes pas fait de roc. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pleuré. Comme une éternité. Mais à partir du moment où les larmes ont commencées à couler, je n'ai pas trouver le moyen de les ârreter. Je sais que j'ai l'air stupide, sous la pluie comme ça. J'ai aussi été stupide de penser que cette histoire conduirait à quelque chose. Je me suis accroché à ce prénom sans me douter qu'un jour, sans prévenir, il ne serait plus là. Et ça, c'est probablement le pire, se dire qu'il ne sera plus là, plus jamais.


Quand Sixtine arrive, c'est presque un soulagement de ne pas être engloutie pas cette solitude grandissante. Enfaite, une autre personne n'aurait pas suffit. Je crois qu'il me fallait sans vraiment le savoir Sixtine. Elle était là et je ne voulais pas la charger avec mes problèmes. Je voulais, pour une fois au moins prétendre autre chose que la réalité. Car elle était beaucoup trop blessante à mes yeux. Oui essayer de me mentir, temporairement. Je savais que lorsque je me retrouverai seule à nouveau, la réalité reviendrait se poser en face de moi, j'en avais bien conscience. Alors pour une fois au moins, je voulais prétendre autre chose. Avoir perdu ma peluche. Peluche au fond d'un carton que je n'avais pas ouvert depuis un moment. Peluche que je n'avais pas réellement perdu, vous devez vous en douter. Une fiction que je m'invente petit à petit. Parce que la réalité, quand elle frappera, je ne sais pas si je pourais m'en remettre. Prétendre que ce n'est qu'une peluche que j'ai perdu, parce que je ne sais pas si je pourais marcher droit après avoir regarder la réalité en face trop longtemps. Elle va me rendre aveugle, me tuer à petit feu, cette réalité. Alors plutôt nier en bloc, tout ce qui finira par être évident après.


Elle me prends par la main et me tire de mes pensés sombres. C'est ce dont j'avais besoin, partir loin. Peu importe la destination, quitter ces pensés ne me fera probablement pas de mal. Et oui, j'en ai conscience, lorsque je gagnerai mon dortoir vide, tout retombera à nouveau. Je quitte de banc humide, cet arrêt de bus où probablement tout le monde descendra sauf Alec et suit Sixtine à la recherche de ma peluche sur le chemin de la totale ignorance. Pour cette fois ça va. Mes larmes n'ont pas séchées mais je les fait disparaître de ma main libre, même si elles reviennent à la charge à chaque fois.


Juliett - Merci ... De m'aider à la retrouver


Cette fin de journée est une fiction que j'écris au fur et à mesure. On se raconte des histoires pour ne pas être trop triste. On se raconte des histoires même si on sait...
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